Accueil =>
HEBERGEMENTS et GASTRONOMIE => Picardie => (02) Aisne
Histoire
Le département de l'Aisne a été constitué en 1790 et son chef-lieu fixé à Laon. Il est formé par la réunion de petits pays (remontant aux "pagus" gallo-romains) appartenant aux provinces traditionnelles devenues gouvernements généraux d'Ile-de-France (Laonnais, Soissonnais, Valois, Vermandois), de Picardie (Vermandois et Thiérache) et, pour une faible part, de Champagne (Brie); mais il est néanmoins, sur le plan historique, d'une profonde unité pour trois raisons : la quasi-totalité du département, et même le sud, appartient à la zone linguistique picarde; à l'exception de paroisses très peu nombreuses qui relevaient de Reims, Troyes, Meaux et Cambrai, le département coïncide presque exactement avec les anciens diocèses de Laon et de Soissons (plus une partie de l'ancien évêché de Noyon); enfin l'identité entre actuel département de l'Aisne et ancienne généralité (ou intendance) de Soissons, c'est-à-dire entre circonscription administrative révolutionnaire et royale, est encore plus frappante (à l'exception du Saint-Quentinois qui relevait d'Amiens). Les régions de l'actuel département connurent une importante occupation humaine à l'époque préhistorique et étaient habitées par diverses tribus belgo-celtiques (Suessions, Veromandui, Rèmes), lorsqu'en 51 av. J.-C. Jules César imposa la domination romaine au cours de la bataille de l'Aisne. En 486, à Soissons, les légions romaines de Syagrius furent battues par les Francs de Clovis qui s'empara de la région. En 511 fut créé le royaume de Soissons. Au cours des siècles suivants, la région fut âprement disputée entre les rois de Neustrie et d'Austrasie. En 687, Pépin d'Héristal, maire du palais d'Austrasie, vainquit les Neustriens près de St-Quentin et assura la réunification des royaumes francs au profit des Carolingiens. Son petit-fils, Pépin le Bref, se fit couronner roi à Soissons en 752, après avoir déposé Childéric III, le dernier Mérovingien; il épousa Berthe au grand pied, la fille de Caribert, comte de Laon. "La Chanson de Roland" évoque le palais de Charlemagne à Laon. Louis le Pieux fut déchu de ses droits royaux à Soissons en 833; c'est à Quierzy qu'en 876 Charles le Chauve prépara le célèbre capitulaire, créant en fait le système féodal, qui vit se développer le pouvoir des évêchés, des grandes abbayes et de seigneurs turbulents, profitant de la faiblesse du roi pour étendre leurs domaines. En 987, l'évêque de Laon, Adalbéron, joua un rôle déterminant dans l'accession d'Hugues Capet au trône de France. La guerre de Cent Ans fut une période de troubles graves et de ravages. Au 16ème se produisirent plusieurs faits importants, notamment l'Ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) et le traité de Crépy (1544) entre François Ier et Charles Quint. Les troubles religieux s'y firent sentir (Soissons fut pillé par les calvinistes en 1567), et Laon fut un grand centre de la Ligue qu'Henri IV dut reprendre par 14 force en 1594. Les incursions espagnoles menacèrent la sécurité de la Thiérache jusqu'au traité des Pyrénées (1659). En 1814 eut lieu la bataille de Laon, entre Napoléon et les Prussiens, qui eut pour conséquence directe l'abdication de l'Empereur. Au cours de la guerre de 1914/18, le département fut le théâtre de mémorables opérations militaires; ainsi, le Chemin des Dames, enjeu de combats acharnés de septembre 1914 à octobre 1918, est un des hauts lieux du souvenir et reste encore une des plus impressionnantes régions dévastées.
Géographie
Le département de l'Aisne fait partie du Bassin parisien, situé à son contact avec le massif hercynien de l'Ardenne. C'est le seul département français qui touche d'un côté à la région parisienne et de l'autre nos frontières nationales. Le sud du département appartient à l'auréole centrale tertiaire du Bassin. Il est occupé par une succession de plateaux calcaires limoneux (Brie, Valois, Soissonnais, Laonnois) que l'érosion a découpés en massifs, voire en buttes. Les collines de calcaire et d'argile longent les vallées alluvionnaires suivant une orientation est-ouest. Le nord du département appartient à l'auréole secondaire crétacée. Ce sont d'immenses plaines élevées où les seuls accidents de relief sont des vallées peu profondes et des buttes sablonneuses. Au nord-est, délimitée par les vallées de l'Oise et de la Serre, s'étend la Thiérache qui fait suite aux premières hauteurs de l'Ardenne. Elle appartient également à l'auréole crétacée, mais l'érosion a dégagé les argiles du crétacé inférieur. Le département est traversé par trois grandes rivières dépendant du réseau hydrographique de la Seine (Oise, Aisne, Marne) et donne naissance a la Somme, à la Sambre et à l'Escaut. Les influences océaniques, plus marquées à l'ouest, et les influences continentales, plus sensibles à l'est, déterminent un climat diversifié. Les ressources agricoles diffèrent selon les régions. La grande exploitation (céréales, betterave), parfois associée à l'éElevage bovin, domine sur les plateaux. Les vallées se consacrent aux cultures maraîchères. La Thiérache, région d'éElevage, a vu se développer les industries laitières. Le Tardenois et la Brie se partagent entre éElevage et culture céréalière. Les coteaux de la vallée de la Marne produisent du vin de Champagne. L'industrie s'est surtout implantée dans la vallée de l'Oise et autour de St-Quentin et de Soissons : ses productions sont importantes et variées (verrerie, métallurgie, chimie, textile, industrie alimentaire).
Arts, activités et économie
Le département possède un patrimoine artistique très riche, et, malgré les guerres et les destructions, toutes les époques se trouvent, représentées dans leurs caractéristiques (l'Aisne est le deuxième département de France pour le nombre des monuments historiques, classés). Il a donné naissance à une culture mésolithique, le Tardenoisien, et recèle d'intéressants vestiges néolithiques (Cuiry-lès-Chaudardes) et gallo-romains (oppidum de St-Thomas, l'antique Bibrax). L'art sacré a couvert le département de monuments exceptionnels : crypte de St-Médard de Soissons, le plus ancien édifice religieux de l'Aisne et l'un des plus beaux témoins de l'architecture carolingienne en France; belles églises romanes (Nouvion-le-Vineux, Oulchy-la-Ville, Oulchy-le-Château, Urcel, Septvaux, chapelle des Templiers de Laon) ou de transition romano-gothique (Berzy-le-Sec, Glennes); ensemble gothique de premier ordre comprenant de simples églises de village, quelques églises prestigieuses (Mons-en-Laonnois, St-Michel-en-Thiérache, Essômes-sur-Marne, Mézy-Moulins, Braine, Marle) et 3 édifices majeurs (cathédrales de Laon et de Soissons, collégiale de St-Quentin); très nombreuses fondations monastiques dues aux bénédictins, aux prémontrés ou aux cisterciens, dont ne subsistent bien souvent (à côté d'ensembles préservés comme St-Jean de Laon ou St-Léger de Soissons) que des ruines pathétiques (Longpont, La Thiérache est un pays de bocage verdoyant et humide OÙ de paisibles rivières serpentent dans un environnement de prairies et de vergers. Bien différents sont le Vermandois, le Valois et le Soissonnais, Vauclair, St-Jean-des-Vignes de Soissons, Foigny); à la Renaissance se rattachent l'église de Chézy-en-Orxois et les vitraux de St-Nicolas de La Ferté-Milon, l'un des plus beaux ensembles de France; l'art classique a laissé St-Remy-au-Velours de Laon et l'abbaye de Prémontré, maison-mère de l'ordre; églises fortifiées de la Thiérache qui constituent un important ensemble homogène (Burelles, Plomion, Montcornet, Prisces, Chaourse) avec leurs tours massives flanquant le portail et leurs signes de briques vitrifiées. L'architecture défensive a tenu une place capitale dans cette région frontalière menacée; ainsi trouve-t-on des mottes féodales (Montaigu, Roucy), des fortifications urbaines (Laon, Château-Thierry) et de nombreux châteaux forts (Ambleny, Guise, La Ferté-Milon, Nesles, Fère-en-Tardenois, Berzy-le-Sec, Septmonts). Le château de Coucy fut, jusqu'à sa destruction par les Allemands en 1914/18, l'un des plus puissants d'Europe. Si les traditions défensives persistèrent longtemps, le retour de la paix vit la construction de châteaux d'agrément de la Renaissance (Coeuvres, Marchais, Villers-Cotterêts), du 17ème (Couvrelles, Blérancourt, Bosmont-sur-Serre, La Plesnoye) ou du 18ème (La Neuville-Bosmont, Parpeville, Leschelle). Des bâtiments de brique ou de torchis de la Thiérache aux élégantes maisons de calcaire lutétien du Soissonnais, l'habitat rural s'exprime par une grande richesse. Il existe enfin un abondant et très intéressant habitat troglodytique (creuttes, boves).
| |