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HEBERGEMENTS et GASTRONOMIE => Poitou-Charentes => (16) Charente
Histoire
De nombreuses découvertes témoignent de l'occupation par l'homme du sol charentais depuis la plus haute époque préhistorique. Plus tard les Agesinates et les tribus santones participèrent à la lutte d'indépendance de la Gaule. Avec l'occupation romaine, le christianisme s'implanta dès le 3ème siècle et se développa rapidement, grâce à saint Martin et à des ermites locaux; les premiers sanctuaires datent de cette époque. Après la victoire de Clovis sur les Wisigoths en 506, le court intermède des Francs, puis des Arabes, fut suivi par le solide établissement des Carolingiens qui firent d'Angoulême une métropole intellectuelle. Avant d'être rattaché à la Couronne sous Charles V, le comté d'Angoulême connut, du 9ème au 13ème siècle, grâce à ses seigneurs, les Taillefer (Isabelle Taillefer épousa Jean sans Terre) et à ses évêques, une grande vigueur politique et une réelle autonomie. Après les ruines de la guerre de Cent ans, le comté devint apanage de la Maison d'Orléans et bénéficia d'une ère de prospérité et d'éclat intellectuel et artistique. Erigée en duché par François Ier, né à Cognac, Angoulême sera réunie à la Couronne en 1710. Ruinée pendant le 16ème par la révolte des "Pitaux", ou de la Gabelle, et les guerres de Religion, la province joua un rôle politique important grâce à la personnalité de son gouverneur, le duc d'Epernon. Plus tard la révocation de l'édit de Nantes et les guerres de Louis XIV contre la Hollande devaient ruiner l'industrie, florissante depuis le 16ème, des moulins à papier. De 1710 à 1830, Angoulême devint l'apanage des princes de la maison royale et le dernier duc d'Angoulême fut le fils de Charles X.
Géographie
Le bassin de la Charente est essentiellement calcaire (terrains jurassique et crétacés répartis sur le cours moyen du fleuve). Larges horizons chers à Alfred de Vigny, grande douceur des paysages, ciels nuageux mais lumineux. La partie nord-est du département est faite de terres granitiques (Confolentais, ou Charente limousine, et Montbronnais). Dans le sud on trouve les landes de Barbezieux à Chalais, parsemées d'étangs et de pins. Climat doux et changeant, dû au voisinage de l'Atlantique; large irrigation du sol par de multiples ruisseaux sinueux, bordés d'arbres, formant des vallées pittoresques. Les plateaux plus monotones, qui occupent une large partie du département, sont largement boisés. L'agriculture est variée, avec une place croissante donnée au maïs et au colza. La richesse agricole est néanmoins due au vignoble, dont la distillation produit le cognac; ses terroirs en sont savamment délimités en Grande Champagne, Petite Champagne, Borderies, Fins bois et Bons bois, dont les mélanges fournissent les différentes qualités de cognac. L'ouest du département lui doit sa richesse et sa célébrité (les vignobles destinés à la fabrication du cognac couvrent la plus grande partie du département; en conséquence on ne trouvera qu'à Cognac la mention du célèbre alcool, mention qu'il aurait été fastidieux de répéter pour chaque commune; de même pour le pineau qui est un vin de liqueur). Les terres de l'est et du sud, plus pauvres, sont consacrées à l'élevage avec une prédominance aux bovins et ovins. Des curiosités naturelles parsèment le territoire : résurgence des sources de la Touvre, la deuxième de France après la fontaine de Vaucluse; les fosses de la forêt de la Braconne, un intéressant éventail de cavernes naturelles dont l'intérêt est souvent accru par des vestiges préhistoriques. L'exploitation du sous-sol est surtout le fait des carrières : à la pierre d'Angoulême, facile à tailler mais de qualité médiocre, ont succédé les pierres dures de Vilhonneur et de Pranzac destinées aux dallages et revêtements. Les landes méridionales ont des mines de kaolin; l'argile a donné naissance à d'importantes tuileries dans le nord du département. Une ancienne métallurgie artisanale est à l'origine de la Fonderie nationale de Ruelle, productrice au 19ème siècle de canons et, aujourd'hui d'armements sophistiqués. Le cognac a suscité des industries annexes, dont d'importantes verreries et, Angoulême voit se substituer des activités nouvelles à une industrie papetière en déclin. Les ressources rurales et les richesses artistiques développent un tourisme de séjour avec d'intéressantes réussites dans le Sud-Charentais.
Arts, activités et économie
Le terroir charentais a vu naître d'importants écrivains : Marguerite d'Angoulême au 16 e siècle, Guez de Balzac et La Rochefoucauld au 17ème siècle, Pierre-Albert Birot, Claude Roy, Pierre Véry et Jacques Chardonne au 20ème siècle. Il en a accueilli et inspiré d'autres : Clément Marot et Calvin, Alfred de Vigny, Honoré de Balzac, les frères Tharaud. Le peintre Eugène Delacroix, le sculpteur contemporain Couturier, lui doivent une part de leur inspiration, de même que Maurice Utrillo. Mais son apport à l'art français est essentiellement constitué (outre quelques excellents bas-reliefs magdaléniens et beaux mégalithes) par une série abondante d'église romanes, originales par rapport à leurs voisines de la Saintonge et du Poitou. L'ensemble est dominé par la prestigieuse façade sculptée de la cathédrale d'Angoulême. Des églises rupestres (Aubeterre, Gurat) sont d'une puissante originalité. Si les grands châteaux ont souvent disparu en tout ou en partie, de nombreux manoirs, bâtis surtout au 15ème et au 17ème siècle parsèment le paysage. Une architecture rurale à base de façades basses et de tuiles rondes a reçu au 19ème siècle des portails au décor naïf et somptueux. Un artisanat ancien du bois, du fer, du tissage et de l'argile, est en train de renaître. Un art culinaire haut en couleur et riche en nuances, passe peu à peu des cuisines familiales à quelques excellents restaurants.
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