Accueil =>
HEBERGEMENTS et GASTRONOMIE => Nord-Pas-de-Calais => (62) Pas-de-Calais
Histoire
Le département a été formé en 1790 par la réunion de l'Artois et du Boulonnais. Ces territoires étaient peuplés par les Morins et les Atrébates, tribus gauloises qui furent battues par Jules César en 57 av. J.-C., et ils furent alors incorporés à la Gaule Belgique. La romanisation vit le développement de l'agriculture et du commerce, tandis que s'étendait l'habitat. L'évangélisation fut effectuée à partir du 4ème par saint Diogère, saint Victrice, saint Vaast et saint Omer. Deux diocèses furent alors créés : celui d'Arras et celui de Thérouanne. Les invasions barbares déferlèrent au 5ème. Les Mérovingiens firent alors la conquête de la région et l'incorporèrent à la Neustrie. A l'époque carolingienne se formèrent les comtés féodaux (Artois, Ponthieu, Boulonnais, Ternois). Au 11ème apparurent de nouveaux comtés (Guînes, Hesdin, St-Pol), démembrés des anciens. Après avoir appartenu aux comtes de Flandre, l'Artois fut réuni à la Couronne par Philippe Auguste en 1190. En 1237, il fut donné en apanage à Robert, frère de saint Louis. Au 14ème, il fit l'objet de contestations entre la comtesse Mahaut et son neveu Robert; transmis aux comtes de Flandre, puis à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, il fut intégré au puissant Etat bourguignon. A la mort de Charles le Téméraire, il fut apporté par sa fille, Marie de Bourgogne, à la maison d'Autriche et ne fut réuni à la France que par le traité des Pyrénées en 1659. Pris par les Anglais en 1347, Calais ne redevint français qu'en 1558 grâce à François de Guise. Au 16ème, la région fut dévastée par les Impériaux de Charles Quint (destruction de Thérouanne en 1553), puis par les guerres entre ligueurs et huguenots. Au cours de la Première Guerre mondiale, le département fut transformé en champ de bataille (bataille de l'Artois du 30 septembre au 14 décembre 1914; offensive du 9 mai au 17 juin 1915 et en septembre-octobre 1915; contre-offensive de 1918). Il subit de nouveaux ravages entre 1939 et 1945.
Géographie
Le département doit son nom au détroit séparant la France et l'Angleterre et reliant la Manche à la mer du Nord. Il est situé à la limite septentrionale du Bassin parisien, à son contact avec les basses plaines du Nord. Les collines de l'Artois constituent un relief bombé anticlinal crétacé appartenant à l'auréole. secondaire du Bassin parisien; elles sont recouvertes de limons et d'argiles à silex qui en font de riches terres agricoles. S'inclinant en pente douce vers la Picardie, l'Artois forme un rebord assez accusé dominant les plaines flamandes, la craie s'enfonce alors sous des alluvions récentes; la plaine maritime a une altitude voisine du niveau de la mer. C'est un pays humide et marécageux parcouru par un réseau de canaux et de rigoles. La plaine de la Flandre intérieure est une plaine d'alluvions argileuses, drainée par de nombreux canaux; à l'est, le bassin houiller se situe à la limite de l'argile et de la craie; au nord-ouest, la fosse du Boulonnais résulte d'un accident géologique; l'érosion a entamé le bombement crayeux et a dégagé des roches tendres du jurassique; par endroits pointent des sols hercyniens primaires (de l'autre côté du détroit, en Angleterre, le "weald" reproduit les mêmes caractères). Le climat, d'ordre océanique, reçoit des influences continentales plus sensibles à l'est du département. Les pluies sont abondantes, les températures assez régulières. Le département a su très tôt s'adapter aux conditions modernes de l'agriculture et, de ce fait, possède un très haut rendement. Le Boulonnais se spécialise dans l'élevage, l'Artois et le bas pays produisent des céréales et des betteraves. La pêche (Boulogne est le premier port de pêche français), le transport des voyageurs à destination de l'Angleterre et le tourisme estival font vivre le littoral. L'exploitation du bassin minier a provoqué un très grand développement industriel autour de Béthune et de Lens et a donné naissance à la métallurgie et à l'industrie chimique. Les industries alimentaires et textiles sont concentrées à Arras et à Calais. Liées à la diminution de la production de charbon, les difficultés que connaît aujourd'hui le département posent un nécessaire problème de reconversion. Mais la volonté de ses habitants permet d'envisager des solutions heureuses pour le Pas-de-Calais. La vie associative est particulièrement développée : les fêtes, les ducasses et les carnavals, avec le défilé des géants, tiennent une place importante dans la vie régionale.
Arts, activités et économie
Peu de départements ont subi autant de ravages au cours des siècles, et le patrimoine architectural s'en trouve considérablement appauvri. Pourtant, de nombreuses et puissantes forteresses s'y dressaient, assurant la défense d'un territoire âprement convoité. Les châteaux forts ont été édifiés dans les périodes de paix relative Les plus anciens datent du 13ème (Montreuil, Hardelot, Boulogne) L'activité des bâtisseurs, réduite au cours de la guerre de Cent ans (Bours, Villers-Châtel), a repris au 15ème sous la domination bourguignonne (Olhain, Créminil, Liettres, St-Pol, Wierre). Le 16ème vit l'apparition du confort dans des manoirs ou se perpétuent les traditions défensives (la Haye à Nesles, Doudeauville, Gennes-Ivergny, Beaurepaire à Lillers). Avec le retour de la paix, les châteaux se transforment en luxueuses résidences construites par les grandes familles nobles ou les parlementaires enrichis : Souverain-Moulin à Pittefaux (au 17ème), Barly, Bomy, Flers, Givenchy, Humières, Pont-de-Briques (au 18ème). Les châteaux de Rosamel, de Colembert et sans doute de Recq sont dus au grand architecte boulonnais Giraut Sannier. Le 19ème est le siècle du pastiche, parfois heureux, mais aussi des remaniements, des restaurations et de l'aménagement de parcs et de jardins. L'architecture religieuse a connu les mêmes vicissitudes et un très grand nombre d'églises ont disparu pendant les guerres. Ainsi, peu d'églises romanes ont pu être conservées; il faut retenir Guarbecque et la collégiale de Lillers, le plus important monument roman du nord de la France. L'art gothique, qui apparut très tôt dans cette région où les traditions romanes étaient faibles, a produit Notre-Dame de Calais et les églises de Hesdin, de Condette, de Maintenay et St-Saulve de Montreuil-sur-Mer. Malheureusement, Notre-Dame d'Arras, le plus remarquable édifice gothique primitif du département, a été démolie de même que les cathédrales de Thérouanne et de Boulogne, où le roman côtoyait le gothique; en revanche, l'ancienne cathédrale de St-Omer, dont la construction s'étale du 13ème au 15ème, est un chef-d'oeuvre demeuré intact. A l'art flamboyant se rattache le groupe le plus important (Montcavrel, Clenleu, Auxi-le-Château, Fressin, Verchin et la collégiale d'Aire-sur-la-Lys). Parmi les églises rurales, mentionnons Merck-St-Liévin; et Beuvry parmi les églises-halles, à 3 nefs d'égale hauteur. La nouvelle cathédrale d'Arras, l'abbaye de Ste-Austreberthe de Montreuil-sur-Mer et les ruines de Mont-St-Eloi représentent le 18ème. On doit à Giraut Sannier l'église de Guînes, St-Nicolas, le Grand Séminaire et les Annonciades de Boulogne. Dans les villes, les quartiers anciens ont souvent été rasés. Cependant Arras, St-Omer, Béthune, Boulogne ou Montreuil-sur-Mer ont gardé leur beffroi, leur hôtel de ville ou de pittoresques maisons anciennes. Enfin l'architecture classique a été remarquablement conservée dans un certain nombre de villes d'une rare densité.
| |