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HEBERGEMENTS et GASTRONOMIE => Haute-Normandie => (27) Eure
Histoire
L'actuel département de l'Eure, créé en 1790, regroupe d'anciennes circonscriptions religieuses, administratives et ethniques, sans unité historique proprement dite, sinon son appartenance à la Normandie. De nombreux sites préhistoriques (Porte-Joie, Pinterville) attestent une implantation humaine très dense dès les époques les plus reculées. Trois peuples gaulois occupaient les vallées : les Véliocasses dans le Vexin, les Lexovii autour de Lisieux et les Aulerci Eburovices dont la capitale, Mediolanum, devint Evreux. La civilisation romaine favorisa l'extension des villes telles que le Vieil-Evreux et Berthouville (dont le trésor est conservé à la Bibliothèque nationale, au cabinet des Médailles). Mais, à la fin du 5ème, les Francs occupaient Evreux tandis que saint Taurin commençait l'évangélisation des populations. Les Mérovingiens et les Carolingiens respectèrent l'organisation mise en place par l'Eglise; ils possédaient dans la région de nombreux palais (Dagobert à Etrépagny, Charles le Chauve à Pitres). A la suite des invasions normandes, Charles le Simple céda au chef Rollon la région comprise entre l'Epte et l'Oise, à l'exclusion (pour des raisons stratégiques) du Vexin français (traité de Saint-Clair-sur-Epte, 911). La prospérité du nouveau duché au 11ème favorisa les fondations monastiques (Bernay, le Bec), le développement des églises rurales et l'adoption d'institutions précises. La puissance grandissante de l'Etat anglo-normand provoqua une réaction des rois de France qui, avec la prise de Château-Gaillard (1204), réunirent la Normandie à la France. Les comtés d'Evreux et Beaumont échurent en apanage à une branche cadette de la famille royale dont un membre, Charles de Navarre, dit le Mauvais, se posa en rival du roi et fut défait à Cocherel en 1364 par Du Guesclin. La paix ramena la prospérité que troublèrent à peine les guerres de Religion. Ce fut pourtant à Ivry (la-Bataille, depuis) qu'Henri IV triompha de la Ligue en 1590. La Révolution fut, elle aussi, très modérée (bataille de Brécourt dite "bataille sans larmes"). Sous l'Empire, Joséphine, répudiée, fut installée au château de Navarre près d'Evreux. En 1848, l'Eure fournit un président au gouvernement provisoire Dupont de l'Eure. La vocation rurale et industrielle (textile et métallurgie) du département s'affirma pendant tout le 19ème. Malgré les importantes destructions de 1940 et 1944 (Evreux, Louviers, Les Andelys), l'Eure reste un centre touristique très fréquenté.
Géographie
Le département de l'Eure, création administrative récente, ne présente aucune unité géographique. L'influence directe d'Evreux, malgré sa position centrale, est concurrencée par celles de Rouen-Elbeuf qui attire le Roumois, et celle de Paris qui s'exerce au Sud-Est; enfin la Seine marque une coupure assez profonde à l'intérieur du département. Deux types de paysage assez différenciés se partagent le pays : les plateaux et les vallées. Les plateaux culminant vers 250 m aux abords du Perche, essentiellement du crétacé, sont souvent recouverts de limons auxquels l'agriculture de l'Eure doit sa fertilité (plateau du Neubourg, Vexin). En l'absence de limons, les plateaux deviennent le support de forêts particulièrement importantes qui longtemps servirent aux chasses royales (forêts de Lyons, Bord). Entre ces plateaux monotones, les vallées (Eure, Seine, Risle) forment des entailles larges et profondes où les rivières, axes de communication et zones d'élection des villes, constituent des sites appréciés, qui permettent de dégager de belles perspectives (côte des Deux-Amants, panorama du Château-Gaillard, etc.). Malgré des conditions naturelles assez homogènes, la vie rurale est très différenciée : le Lieuvin, région semi-bocagère, annonce le pays d'Auge, le plateau de Saint-André répond aux riches terroirs du centre du Bassin parisien, le Roumois rappelle le pays de Caux. L'Eure a bénéficié de la "décentralisation" parisienne en matière agricole mais surtout industrielle (Ariane à Vernon, industrie aéronautique à Bernay, pharmaceutique à Evreux, travail du cuir à Pont-Audemer); radioélectricité et électronique constituent des secteurs de pointe et s'allient à des activités traditionnelles telles que l'imprimerie du Mesnil-sur-l'Estrée.
Arts, activités et économie
Carrefour géographique, le département de l'Eure vit converger vers lui les influences artistiques les plus diverses. Le matériau utilisé dans la construction est également très varié (bois, brique, pierre, pisé, silex); les toits sont couverts de tuiles, d'ardoise, d'essentes ou de chaume. Les édifices religieux : outre les petites églises rurales dignes d'attention, l'Eure possède de grands édifices tels au 12ème la cathédrale et l'église Saint-Taurin (avec sa châsse 13ème) à Evreux, ou la collégiale d'Ecouis fondée par Enguerrand de Marigny qui abrite une remarquable statuaire 14ème et 15ème. Après la guerre de Cent Ans, le gothique flamboyant produit de véritables chefs-d'oeuvre à Louviers, Pont-de-l'Arche, Verneuil, Les Andelys. L'art de la Renaissance se répandit très tôt grâce à l'influence du cardinal Georges d'Amboise, à Tillières, à Gisors, à Pont-Audemer. Les abbayes normandes ont été, à juste titre, remises à l'honneur. Parmi les plus célèbres figurent celle de Bernay, dont l'abbatiale est l'un des plus vénérables édifices romans de Normandie; celle du Bec, haut lieu de la culture médiévale, où la puissante tour Saint-Nicolas du 15ème domine les majestueux bâtiments mauristes du 18ème; celles de Mortemer, de Bonport et de Fontaine-Guérard dont les ruines rappellent la splendeur passée. L'architecture civile : nombreux sont les vestiges des châteaux forts qui défendirent les Normands contre les Français, puis ceux-ci contre les Anglais si de Brionne, Verneuil, Vernon, il ne reste qu'une tour majestueuse, en revanche, Conches, Gisors et surtout l'altière forteresse de Château-Gaillard témoignent de la perfection à laquelle était parvenue l'architecture militaire. Du Moyen Age subsistent aussi des châteaux et demeures à l'allure moins guerrière, tels le château d'Harcourt, la tour de Thevray ou le manoir de Chauvincourt, ainsi que les maisons anciennes qui agrémentent encore les rues tortueuses de nombreuses villes comme Verneuil, Pont-de-l'Arche, Vernon, Pont-Audemer, Lyons-la-Forêt, Louviers ou Bernay. Ce n'est qu'après le rattachement à la France que les seigneurs purent, au lieu de maisons fortes, construire de belles demeures dans le goût de la Renaissance ou du classicisme : tout près d'humbles demeures surgissent d'élégants manoirs et de prestigieux châteaux : Beaumesnil qui passe pour l'un des plus beaux châteaux Louis XIII de France; Broglie dont la sévère ordonnance est toute imprégnée de la forte personnalité de ses occupants; Gaillon dont le style italianisant en fit au 16ème une oeuvre d'avant-garde; le Champ de Bataille, une des demeures les plus fastueuses de Normandie; la Vacherie, un des rares exemples français du style néoclassique; Bizy, qui, sous le second Empire, retrouva le plan des palais italiens; Acquigny, la Folletière, Omonville, Launay, Boisset-les-Prévenches et tant d'autres. D'autres encore unissent à la beauté des lignes, la gloire d'avoir abrité le talent d'un homme illustre : c'est Michelet à Vascoeuil, c'est La Varende au Chamblac, c'est encore Bernardin de Saint-Pierre à Pinterville, Paul Morand à Trianel ou Claude Monet à Giverny.
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