Accueil =>
HEBERGEMENTS et GASTRONOMIE => Midi-Pyrénées => (81) Tarn
Histoire
Le territoire de l'actuel département du Tarn connut une importante occupation du sol à l'époque paléolithique. Peuplé par la tribu gauloise des Rutènes, le pays fut conquis par les Romains au 1er avant J.-C. et forma la "Civitas Albigensium", incorporée à l'Aquitaine Première. A partir du 5ème eurent lieu les invasions barbares (Vandales, Suèves, Wisigoths, Francs, Sarrasins) qui marquèrent la fin de la civilisation gallo-romaine. Intégré à la Septimanie, l'Albigeois eut par la suite des comtes particuliers, puis des vicomtes (les Trencavel) sous la suzeraineté des comtes de Toulouse. L'hérésie cathare fit de très nombreux adeptes, connus sous le nom d'Albigeois; afin de lutter contre la grave menace que le catharisme faisait peser sur le pouvoir féodal, les chevaliers du nord de la France s'unirent, sous le commandement de Simon de Montfort : la croisade contre les Albigeois ravagea tout le pays (massacre de Lavaur en 1211); Simon de Montfort se fit attribuer les domaines des Trencavel, que son fils remit à Philippe-Auguste en 1222; la mise en place de l'Inquisition mit un terme à l'hérésie. La Réforme se répandit dans la région; Castres devint même place forte protestante, face à Albi, demeurée aux mains des catholiques. L'édit de Nantes assura la tolérance religieuse; sa révocation fut marquée par de graves désordres, et de 1702 à 1710 eurent lieu, dans les montagnes de la région de Castres, quelques opérations mineures liées à la guerre des camisards. Une tradition industrielle ancienne permit au 19ème un épanouissement économique (industries de la laine, mines et métallurgie).
Géographie
Le département du Tarn appartient à une zone de contact entre le Bassin aquitain et le Massif central. Il présente l'aspect d'un amphithéâtre de plateaux et de collines inclinés vers le sud-ouest, bordés à l'est par des montagnes cristallines. Du Massif central dépendent les montagnes primaires qui constituent la bordure orientale du Tarn; il s'agit de plateaux schisteux de faible altitude (Grésigne, Ségala, haute vallée du Dadou), ou de massifs de granit, de schiste et de gneiss au sud-est (monts de Lacaune, Sidobre, Montagne Noire). Les hauteurs ayant subi le contrecoup du soulèvement pyrénéen se dressent jusqu'à 1 260 m. Les rivières s'y sont frayé un passage en creusant des gorges profondes. Présentant les caractères d'un relief de côte, une zone de collines formées par les dépôts de cailloutis résultant de l'érosion du Massif central assure la transition avec la plaine aquitaine tertiaire, sablonneuse et caillouteuse. Le Tarn et ses affluents, l'Agout et le Dadou, occupant trois vallées larges et riantes, traversent le département et vont porter leurs eaux au bassin de la Garonne. Le climat résulte de la double appartenance du Tarn au Massif central et au Bassin aquitain : les influences océanes viennent tempérer les influences continentales. La proximité de la Méditerranée se fait également sentir. Les vents d'ouest dominants entraînent douceur et humidité; les vents du nord-est sont secs et froids. L'agriculture se présente sous des visages très diversifiés exploitation et élevage sur les hauteurs; céréales, fruits, légumes et primeurs dans les vallées et les plaines; vignes sur les coteaux du Gaillacois. L'industrie occupe une place importante : mines et carrières, produits chimiques, métallurgie, industrie alimentaire, délainage et industrie textile.
Arts, activités et économie
Le patrimoine artistique du Tarn est d'une exceptionnelle richesse. Un important outillage paléolithique, de très nombreux dolmens, menhirs et statues-menhirs, des statues et de la poterie gallo-romaines, des sarcophages de marbre de l'école d'Aquitaine (6ème au 8ème) témoignent d'une civilisation lointaine et parfois peu connue. Sous l'impulsion des grandes abbayes, l'art roman s'est épanoui en Albigeois du 11ème au 13ème; il est représenté par de belles églises (Ambialet, Roumanou, Caladen, St-Michel de Gaillac), ou d'intéressantes chapelles rurales (St-Vaast à Coufouleux, Lasplanques à Tanus, les Infournats à Jouqueviel), mais surtout par les églises de Lescure et de Burlats, chefs-d'oeuvre du roman albigeois. Le retour de la paix religieuse fut marqué, au 13ème, par l'avènement de l'art gothique, le monument le plus remarquable est la cathédrale Ste-Cécile d'Albi, imposante masse de brique rose, qui reçut aux 15ème et 16ème une décoration éblouissante (jubé flamboyant, peintures de la voûte) : c'est le chef-d'oeuvre du gothique languedocien, dont les églises St-Salvy d'Albi, St-Alain de Lavaur, celles de Cordes, Rabastens et Vieux sont autant d'illustrations. L'Albigeois possède également de beaux châteaux (Castelnau-de-Lévis, Penne, St-Géry, le Cayla), de belles maisons médiévales à Burlats (pavillon d'Adélaïde), Puycelci, Lautrec. On note aussi de remarquables ensembles architecturaux : villes fortifiées ou anciennes bastides au plan si caractéristique (Valence-d'Albigeois, Pampelonne, Castelnau-de-Montmiral, Réalmont); Albi avec son ensemble épiscopal (cathédrale et palais de la Berbie) et ses vieilles maisons de brique; Castres et ses pittoresques maisons des bords de l'Agout, ses beaux hôtels des 16ème et 17ème, la cathédrale et l'ancien évêché à l'élégance classique 17ème et 18ème. Il faut faire une place à part à Cordes, qui a conservé son aspect médiéval, avec ses portes d'enceinte, ses ruelles abruptes et ses maisons gothiques, tout en redevenant une cité artisanale active et créatrice.
| |